Disparition – Ushio Amagatsu


La compagnie Sankai Juku et [H]ikari Production ont l’immense tristesse de vous faire part du décès de M. Ushio Amagatsu survenu le 25 mars dernier dans sa 74e année, à son domicile de Yugawara.

Ushio Amagatsu, qui appartenait à la deuxième génération de danseurs Butō, avait fondé la compagnie Sankai Juku en 1975 et faisait partie des figures de proue de la danse contemporaine mondiale. La France où il vécut quelque temps avec sa compagnie peu après le début de sa carrière lui avait permis de s’épanouir et d’y trouver de bonnes conditions de travail et un tremplin international. Amagatsu considérait d’ailleurs la France comme sa deuxième patrie.

Pour Amagatsu, le Butō n’était pas simplement une technique formelle, un style académique ou une provocation purement mentale, mais un langage du corps cherchant, au plus profond des êtres, un sens commun, une universalité humaniste, parfois même brutale et douloureuse.

En près d’un demi-siècle de carrière, Amagatsu a signé plus de 20 créations magistrales, montrées dans plus de 45 pays, dans des milliers de théâtres et festivals sur les 5 continents, a formé et lancé des dizaines de danseurs au cours de masterclasses et d’ateliers et a marqué l’histoire de la danse pour toujours.

Le style propre d’Amagatsu et son esthétique si particulière, ont diffusé dans le monde entier. Ils ont influencé un nombre d’artistes dans les domaines aussi divers que ceux de la danse contemporaine, mais aussi du théâtre, de la peinture, de la mode, de la photo…

Hors Sankai Juku, Amagatsu a créé quelques rares pièces pour danseuses et danseurs occidentaux. Il a aussi chorégraphié la danseuse indienne Shantala Shivalingappa. Il a mis en scène Barbe Bleue de Bela Bartok au Japon et les créations mondiales à l’Opéra de Lyon des opéras Trois Sœurs et Lady Sarashina de Peter Eötvös (lui-même disparu la veille du décès d’Amagatsu).

Sa dernière pièce avec Sankai Juku “Totem” créée au Japon en 2023, n’a jamais été vue en Europe.

Amagatsu avait dédié sa vie à son art, il laisse derrière lui une fille et deux petit-enfants, ainsi qu’une communauté artistique inconsolable.

Notre peine est infinie.