Hiroaki Umeda

Hiroaki Umeda est à la fois chorégraphe, danseur et plasticien. Artiste mondialement reconnu pour être l’une des figures de proue de la scène audio-visuelle d’avant-garde, son travail, minimal, radical et subtil, s’inscrit à la croisée de la danse et des arts numériques. Depuis la création de sa compagnie S20 en 2000, ses créations tournent dans le monde entier et connaissent un succès tant public que critique. Son travail se caractérise par une construction  holistique avec un arrière-plan numérique fort, englobant non seulement les éléments physiques comme la danse, mais aussi les composantes spatio-temporelles, visuelles, sonores, sensorielles qui sont parties prenantes de ses chorégraphies. Affichant une volonté forte de chorégraphier le temps et l’espace, Umeda développe son travail non seulement en tant que chorégraphe et danseur, mais aussi compositeur, créateur lumière, scénographe et artiste numérique.

Né à Tokyo en 1977, Umeda a d’abord étudié la photographie à l’Université Nihon à Tokyo. À l’âge de 20 ans, il s’intéresse à la création artistique impliquant des expériences corporelles intenses, pour lesquelles il acquiert rapidement une reconnaissance. C’est à ce moment qu’il décide de se former à différentes techniques telles que le ballet classique, le hip-hop, la danse moderne…,etc. à l’issue d’une première année il décide pourtant de stopper sa formation pour créer sa compagnie S20.

Ses premières créations sont  pluridisciplinaires et intègrent librement les différentes approches qu’Umeda a eu pour la danse et d’autres formes d’art. En 2002, son travail est déjà très populaires, bien que de plus en plus pointu et exigeant, il rencontre un immense succès au Yokohama Dance Collection R (Yokohama, Japon) qui débouche immédiatement sur une invitation aux Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis.

© Ryuichi Maruo (YCAM) | Holistic Strata

En 2007, son nouveau solo Acumulated Layout est créée à guichet fermé à Chaillot, Théâtre National de la Danse de Paris. Le spectacle y est unanimement acclamé et reçoit un très bel accueil de la presse.

En s’appuyant plus loin de son style de mixage de l’imagerie numérique, du paysage sonore minimal et de la corporéité extrêmement puissante, les autres œuvres solo d’Umeda telles que Adapting for Distortion (2008), Haptic (2008), Holistic Strata (2011) et split flow (2013) ont été transfixées Le public dans les grands festivals et les théâtres du monde entier tels que Festival d’Automne (Paris), Centre Pompidou (Paris), Biennale de la Danse (Lyon), Kunstenfestivaldesarts (Brussel), Festival Roma Europa (Rome), Tanz im August (Berlin) , Tanzquartier (Vienne), NY Live Art (New York), The Barbican Centre (Londres), Sydney Opera House (Sydney), National Chiang Kai-Shek Cultural Centre, ROC (Taipei) et Aichi Triennale (Aichi). L’une de ses pièces les plus réussies, Holistic Strata, coproduit par le Centre Yamaguchi pour les Arts et les Médias (Yamaguchi, Japon), que Umeda appelle une «installation cinétique», a assimilé parfaitement la frontière entre la danse et l’art visuel. Plus tard, il a été crédité par Le Monde, pas un spectacle d’un seul homme, mais comme un «paysage de danse d’un seul homme».

En 2009, Umeda entame son projet chorégraphique décennal «Superkinesis» et  commence à travailler avec des danseurs de milieux différents issus de la scène  contemporaine (1.centrifuge, 2009), hiphop (2. répulsion, 2010), ou encore des danseurs de ballet classiques (3. isolation, 2011) traditionnels asiatiques (4. diagramme temporel, 2013).

Dès le début, le style minimal et innovant d’Umeda attire l’attention et la plupart des pièces sont des commandes de structures comme le Théâtre de Suresnes Jean Vilar (2. répulsion), Hebbel am Ufer (3. isolement) l’Esplanade Theatre, le National Chiang Kai-Shek Centre culturel, ou encore le ROC et l’Aichi Triennale (4. motif temporel).

Dans ‘Superkinesis’, Umeda s’aventure dans la découverte de mouvements cinétiques innés chez les êtres humains, précédant la construction de langages chorégraphiques esthétiques et, par la suite, tente de construire un ordre (super) transcendant dans l’espace et le temps de l’étape en soi.

Dans cette série d’expériences chorégraphiques, Umeda considère les corps des danseurs comme des objets naturels constamment affectés par la force naturelle. Il explore ces langues cinétiques, en accordant aux subtiles voix du milieu environnant, habituellement imperceptibles, ce récepteur sensoriel aigu que sont les danseurs.

 Interfacial Scale (2013), pièce chorégraphique pour 11 danseurs, est une commande de la Göteborgs Operans Danskompani (Suède), dont la musique orchestrale abstraite est composée par Yoshihiro Hanno.

Sa dernière pièce chorégraphique Peripheral Stream (2014) a été créée au Théâtre Châtelet en mars 2014, sur une commande de Benjamin Millepied pour L.A Dance Project.

S’appuyant sur son envie de fournir une expérience sensorielle inconnue au public, à partir de 2010, Umeda travaille sur des séries d’installations, principalement axées sur l’illusion d’optique et l’immersion physique.

Ses travaux principaux incluent Haptic (installation) (2010) commandé par Aichi Triennale, Holistic Strata (installation) (2011) créée à l’occasion d’Exposit à la Maison des arts de Créteil, et Split Flow (installation) (2012) une commande du Van Abbemuseum d’Eindhoven.

Sa série d’œuvres combinant sensation visuelle et physique lui a valu le prix Ars Electronica, Mention d’honneur, en 2010.

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