Des Individualisé(e)s – Laurent Cèbe

Créée en 2012 à Marseille, Des Individualisé(e)s est le support des créations de Laurent Cebe. Elle  rassemble des créations et permet de les mettre en relation avec les publics, que ce soit sous la forme de spectacle, d’atelier ou de performance. C’est un lieu de réflexion sur les formes de productions Plastiques et Chorégraphiques. C’est une structure multidisciplinaire. Les productions se nourrissent les unes les autres. Elles peuvent constituer tantôt une recherche préparatoire, tantôt des objets autonomes. Il sagit de rendre visible les projets, comme faisant partie d’un même ensemble.

Laurent Cebe est chorégraphe, interprète et dessinateur. Après avoir passé son Bac option Art Plastique, il entre en 2008 dans la formation de danse contemporaine pour interprète: Coline. Il poursuivra ses études chorégraphiques en 2010 au CCN de Rillieux-la-Pape sous la direction de Maguy Marin et obtient la licence 3, De l’interprète à l’auteur. Depuis, il est danseur interprète pour Christine Fricker, George Appaix, Matthias Groos, David Rolland, Elise Lerat, Delphine Doukhan. Il vit et travaille à Nantes. Il est invité à participer de manière ponctuelle aux travaux  de Loic Touzé, Olivia Grandville…

Son travail est une recherche  autour du présent et de l’engagement, il expérimente une nouvelle forme de présence scénique. C’est aussi une passion pour l’image, attiré depuis toujours par l’idée de la mettre en scène : danser ses dessins et  mettre en page le mouvement: dessiner sa danse. Il construit des œuvres dans une perspective de sincérité, de générosité et de dialogue.

website officiel :  www.laurentcebe.com


Les gens qui doutent | création 2017

Création chorégraphique pour six interprètes

Direction artistique, chorégraphie: Laurent Cebe  // Interprétation: Aïcha El Fishawy,  Flora Detraz,  Alice Masson, Quentin Gibelin, Cédric Cherdel, Quentin Ellias  //  Regard extérieur: Elise Lerat // Scénographie: Collectif THTF // Illustrations: Laurent Cebe // Lumière et son: Pierre Bouglé // Production, administration, diffusion: [H]ikari Production / Franck Ragueneau, Gaëlle Seguin.

“On fait, on dit, on veut dire, on joue, avant tout on joue et ce qui est encore plus, mais pas trop surement, mais pas tellement sûr, c’est qu’on est en train de faire. On n’est même pas totalement six, on est plus ou moins six et surtout plus. Rassurez-vous ça va être bien, par ce que on est. Là. […] Ce ne sera pas aussi simple qu’une seule chose, ce sera aussi ça et ça puis peut être ça…aussi. Tout ça pour dire que c’est juste un spectacle.” Laurent Cebe, extraits de Les gens qui doutent.

Les gens qui doutent se construit avec six individus. Dans le plaisir d’être ensemble, ils tentent de dire simplement ce qu’ils ne savent pas vraiment encore. Les interprètes sont des individus qui tentent, qui font et défont sans cesse. Ils sont des singularités perdues. LGQD, c’est faire un spectacle tout en assumant de ne pas savoir ce qu’il va devenir. C’est affirmer qu’on peut créer sans savoir.

La dramaturgie de Les gens qui doutent s’écrit autour du thème de “faire un spectacle”.

L’idée est d’inclure le spectateur dans le processus qui s’élabore devant ses yeux. Ce processus d’écriture prend vie à travers trois notions, trois interrogations scéniques : l’hésitation, le performatif/ spectaculaire et le présent : qu’est-ce que ça me fait d’être sur scène devant le spectateur ? Même s’il est question du doute, il est parfois abordé à travers la posture de la certitude. Tout cela constitue la  matière chorégraphique de Les gens qui doutent.

Les interprètes explorent ces présences devant le public. Celles-ci sont abordées par le corps via les mediums de la danse, du théâtre, du chant. Un corps qui chante est aussi un corps dansant…

Ces éléments sont donnés à voir de manière décousue. Les interprètes jouent avec le rythme en alternant actions et moments de suspension. Parfois, il ne se passe rien. Le spectateur “attend” le geste et ne sait plus quand il va apparaître. La notion du “spectaculaire” est remise en cause par les interprètes. Ainsi, les attentes du public se déplacent. Le doute compose alors un univers singulier établi en connexion avec le spectateur.